Archives de l’auteur : Thomas Demongeot

Homélie du dimanche 29 novembre – 1er dimanche de l’Avent

Nous célébrons ce premier dimanche de l’Avent 2020 dans un contexte particulier marqué par la pandémie et un retour, avec effectif limité, dans les églises pour les célébrations.

Qu’allons-nous vivre durant ces quatre semaines qui nous séparent de Noël ?

Ce temps sera-t-il un temps de grâce durant lequel nous nous laisserons combler par l’attente et le désir du Seigneur ? Nous permettra-t-il d’apprendre à reconnaître les signes de la venue, de la présence du Seigneur dans nos vies ?

Vivre l’Avent, c’est vivre le moment présent, l’aujourd’hui de Dieu qui vient nous rejoindre, qui vient partager les réalités de nos vies : la pandémie avec toutes ses conséquences sociales, psychologiques, affectives, écono­miques… le chômage, la santé, l’isolement, les séparations, les souffrances physiques, psychiques…, les menaces terroristes…, et bien d’autres réalités encore…

Nous sommes dans la nuit et nous attendons la lumière. Lumière du réconfort, de la paix, de l’amitié, de l’affection…

Au début de l’Avent, prenons conscience de ces réalités, les nôtres mais aussi celles de nos proches, des autres…

Que désirons-nous, que voulons-nous, qu’attendons-nous ? Qui attendons-nous ?

Mais aussi que faisons-nous pour faire reculer ces ténèbres, pour ne pas nous laisser aller au désespoir et pour nous émerveiller des petits signes qui nous sont donnés, ces petites étincelles qui annoncent demain, qui accompagnent la venue de Celui qui vient ?

Nous pourrions en ce début d’Avent faire nôtre la prière d’Isaïe, dans la 1ère lecture et le psaume qui lui faisait écho. Le prophète fait mémoire de ce que le Seigneur a fait et de ce que les hommes ont fait de ses œuvres. Il l’appelle, lui pose une question, lui demande de revenir pour l’amour de ses serviteurs. « Reviens, à cause de tes serviteurs… Seigneur, c’est toi notre père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes l’ouvrage de ta main. ».

En pensant à cette parole d’Isaïe et aux santonniers de Provence, laissons-nous façonner par la main du Seigneur si nous voulons prendre place dans la crèche de Bethléem.

Le message qu’adresse Paul aux chrétiens de Corinthe nous appelle à vivre ce temps d’Avent, d’avènement comme un temps de joyeuse espérance : « Aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. C’est lui qui vous fera tenir… »

C’est bien le Christ Jésus et lui seul qui nous permet de tenir pour vivre le temps de cette terrible pandémie, qui nous permet d’attendre, de discerner les signes qu’il nous donne de sa venue, de sa présence. Aucun don de grâce ne nous manque.

C’est aussi avec ce don de grâce que nous pouvons rester éveillés, que nous pouvons veiller pour guetter la venue du Seigneur comme Jésus nous le demande dans l’évangile de ce jour : « Prenez garde, restez éveillés… Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison… Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Par trois fois, nous entendons le verbe ‘veiller’ et une fois ‘rester éveillé’. C’est dire combien cette attitude doit être la nôtre durant ces semaines. Il ne s’agit pas d’être somnolent, à moitié endormi. Le veilleur est en éveil pour discerner le moindre signe d’une présence, d’un mouvement, d’une action… pour être en alerte, prêt à intervenir, à accueillir…

Si l’endurcissement de nos cœurs, nos péchés, nos égarements pour reprendre la confession d’Isaïe dans la 1ère lecture nous plongent dans une certaine léthargie, paralysie, que cet Avent soit un temps de grâce pour crier vers le Seigneur notre désir, l’attente de son salut, de sa guérison. Que la perspective de sa venue nous réveille et nous tienne en éveil pour l’accueillir.

Alors heureux serons-nous. Heureux serons-nous si nous crions vers le Seigneur notre désir, notre attente de salut ! Heureux serons-nous si nous nous laissons façonner par le Seigneur comme l’argile dans la main du potier ! Heureux serons-nous si nous prenons conscience des grâces dont nous sommes comblés ! Heureux serons-nous si nous restons éveillés, si nous veillons et discernons les signes de la présence, de la venue du Seigneur ! Heureux serons-nous parce que la bonne nouvelle reçue par les bergers dans la nuit de Bethléem sera pour nous aussi. 

Bel Avent ! Belle nouvelle année avec le Seigneur qui vient !

Allumons la 1ère bougie de l’Avent et veillons !

AMEN.

Bertrand Jardin, diacre

Homélie du dimanche 22 novembre – Fête du Christ Roi

Chers amis, chers enfants, chers tous. Paix, sérénité et joie intérieure à vous tous de la part de notre Seigneur et Sauveur : Jésus-Christ, le Roi des roi, le Roi de l’univers. La paroisse Saint Clément reste en lien avec vous à travers les prières et les messes basses célébrées par vos prêtres. Nous espérons que l’issue de cette pandémie sera imminente pour que nous puissions nous revoir. Malgré la distance, nous vous portons très chaleureusement dans nos cœurs. Bonne fête. 

Méditation des textes liturgiques

Ezékiel 34, 11 – 12 + 15-17 ;  Psaume 22(23) ;  1 Corinthiens 15, 20 – 26 + 28 ;  Matthieu 25, 31 – 46

Bien-aimés dans le Seigneur.

Aujourd’hui, c’est le 34ème dimanche, le dernier de cette année liturgique A : dimanche où nous célébrons également la fête du Christ roi de l’univers. C’est donc sur cet aspect de roi de l’univers que sera potée notre méditation, en nous faisant aider par les textes que notre mère l’Eglise nous propose à l’occasion.

Toutes les fois que nous évoquons le terme roi, nous pouvons déjà imaginer à quoi nous en tenir. En effet, par roi, nous voyons déjà un dirigeant, un homme important doté de pouvoir, un homme qui commande, qui exerce l’autorité et aussi domine. Et nous sommes ignorer que nombreux de ces dirigeants sont même portés à utiliser de la violence pour faire peser leur pouvoir sur leurs administrés. Quel genre de rois, de gouvernants, de chefs et de présidents !!! En tout cas, le roi n’est pas le dernier du rang ou de la chaîne. Toutes ces représentations que nous venons d’évoquer sont dignes d’un roi, mais, précisons, à la manière humaine. Voilà pourquoi dire de Jésus qu’il est roi peut surprendre plus d’un. Ceci pour dire tout simplement que Jésus n’est pas roi à la manière humaine.

Certes, nous avons entendu dans l’évangile que le Christ, le Fils de l’homme, siégera sur son trône de gloire, en ce jour là, pour exercer son jugement ; mais posons-nous la question si nous pouvons appeler cela un jugement, en regardant de plus près cette page de l’évangile ? Le Christ n’agit pas à la manière des hommes ou des grands de ce monde. Ce qu’il fait, c’est la répartition (la place qu’il te faut selon le timbre de ta voix), c’est la redistribution selon ce que chacun a été dans son existence. Autrement dit, cette répartition n’est que le résultat du choix que nous-mêmes aurions fait durant notre vie terrestre. En aucun cas, il n’est pas pensable que Dieu puisse avoir l’idée de condamner les créatures qu’il a faites ; et en parlant de créatures, nous pensons à la création toute entière (cf. Rom. 5). Voilà pourquoi, il préfère même utiliser le terme de berger que de roi, comme il le dit lui-même dès l’abord de cet évangile : « Il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs. » Même son de cloche dans le psaume respensorial qui renchérit la même idée de berger : « Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer. » 

Oui, mes sœurs et mes frères, le Seigneur agit envers nous comme un berger à l’égard de son troupeau. C’est d’ailleurs cette très belle image qui nous est décrite à travers la première lecture où Dieu nous est présenté comme un berger qui veille sur ses brebis : il les délivre de tous les dangers, il les fait reposer et leur procure tout le nécessaire pour leur bien. De même, il veut que nous puissions intérioriser cet amour et le vivre entre nous, car c’est le seul critère de jugement qui sera pris en compte au dernier jour : « j’avais faim, j’avais soif, j’étais un étranger, j’étais nu, j’étais malade, j’étais seul, j’étais confiné,… Es-tu venu jusqu’à moi, crois-tu que je n’avais besoin de ton aide ? », nous dira Jésus.

En écoutant la parole d’aujourd’hui, nous nous rendons à l’évidence que Jésus nous met à son école où il veut nous donner un sens de la royauté, autre que celui que nous connaissons. Avec lui, la royauté se convertit en ce que nous appelons service, tendresse, miséricorde, pardon et en l’amour qu’il a pour les tous les hommes. Jésus nous montre que l’exercice de son pouvoir s’exprime par le service et l’amour comme il le fera le soir du jeudi saint en lavant les pieds de ses disciples. C’est finalement un roi serviteur, qui est né dans une crèche, qui n’a même pas habité les palais, et qui se promène sur le dos d’un âne. On est surpris de voir un roi pareil. C’est le moins qu’on puisse dire. Pourtant, c’est ce qu’il est.

Mes sœurs et mes frères, à travers cette fête du Christ Roi, l’Eglise nous fait comprendre qu’il y a une autre manière de diriger qui ne serait basée que sur l’amour et la justice. Et ceci nous concerne tous, car, par notre baptême, nous aussi, nous sommes devenus prêtres, prophètes et rois. Alors, nous avons aussi une parcelle de pouvoir et de responsabilité à quelque niveau que ce soit de la société. On n’a plus à rappeler le moment que nous sommes, tous, en train de vivre où la charité doit être de mise parmi nous, où le réconfort et le soutient des uns envers les autres sont plus que nécessaires.

Dans nos intentions d’aujourd’hui, prions pour les autorités politiques, surtout celles des pays qui connaissent la dictature, afin qu’elles comprennent que la paix ne s’imposent pas par la violence. Pour les autorités religieuses, afin que l’humilité et le service conduisent toutes leurs actions. Et pour nous mêmes, afin que puissions témoigner partout de la puissance du Christ, mais une puissance qui s’exerce dans la douceur, le service et l’amour. Que le Très Haut nous bénisse et qu’il nous garde sous sa constante protection. Amen.

Père Wilfried

Homélie du dimanche 15 novembre

« Réveillons le champion qui dort en nous »

 Confiance, peur, fidélité, travail sont des mots que nous retrouvons  dans l’évangile de ce dimanche : la parabole des talents.  Elle raconte l’histoire d’un homme qui, avant de partir en voyage, convoque ses trois serviteurs et leur confie son patrimoine en talents. Cinq au premier, deux au second et un au troisième. A son retour, les deux premiers reçoivent louange et récompense car, leur capital avait augmenté. En revanche, le troisième qui ne restitue que la somme initiale, reçu des reproches et une punition. Deux pistes pour notre méditation se dégagent : 1-Dieu nous fait tous confiance, 2- le bon moyen de garder les richesses du royaume est de ne pas les garder pour soi. On ne les acquiert vraiment qu’en les risquant sans cesse pour les faire fructifier.

Probablement les talents symbolisent les qualités personnelles que nous avons reçues et les responsabilités qui nous ont été confiées : notre famille, nos voisins, les gens avec qui nous vivons, notre monde et son environnement. De fait, ils représentent ce que chaque homme trouve en lui-même pour servir Dieu dans ses frères. Mais bien souvent, on confond talents et capacités.

 «  Il leur confia ses biens…à chacun selon ses capacités.» Si les talents, c’est-à-dire la somme confiée, est une chose, la capacité de les gérer en est une autre, comme illustre le rendement différent des trois serviteurs. Le maitre, dans cette histoire, est bon et respectueux envers ses serviteurs, ne leur confiant pas plus que ce qu’ils peuvent faire fructifier. Ne les écrasant pas de responsabilités, il leur fait seulement confiance. Dieu nous fait tous confiance. En sus, tout ce qu’Il nous confie n’est pas au dessus de nos moyens. Il nous associe à ses affaires. Concrètement aux hommes et femmes de bonne volonté, Il confie un trésor à faire fructifier : le don de sa grâce et l’évangile à annoncer. Seulement, cette mission ne s’improvise pas. Force est de constater en effet que pour réaliser cette tâche, Le maître nous conseille d’être créatifs tout en mettant loin de nous la paresse, l’inertie et la passivité.  Mais, à l’instar de ce serviteur improductif, il nous manque parfois  de l’audace, de la confiance. A son sujet, le pape François fait ce commentaire : « le troisième serviteur a été incapable d’apprécier la confiance et l’estime que le maître avait à son égard. Il s’est enfermé en lui-même et il a finit par prendre peur. » A vrai dire, la peur nous fait rater nos objectifs. En l’occurrence ce serviteur est sanctionné parce que par crainte de faire mal, il n’a rien fait, par crainte de se tromper et de ne pas réussir, il est resté paralysé. Il a enterré son talent et raté l’examen. On retient de lui qu’il préfère la sécurité à l’initiative si bien qu’il se ferme à la joie de servir. Or, Dieu bénit ceux qui œuvrent à l’annonce de son royaume, comme il bénit le travail de la femme parfaite (la première lecture) dont « les doigts s’ouvrent en faveur du pauvre

 A la fin de notre vie, une simple question nous sera posée : «  Est-ce que le petit monde qui nous a été confié par Dieu est plus beau, plus chaleureux, plus juste et plus humain parce que nous avons été là ?

Aujourd’hui, nous célébrons la journée mondiale des pauvres et nous sommes dans cette situation de devoir faire fructifier  la grâce que Dieu nous a faite. Oserions-nous faire preuve de créativité pour leur apporter notre soutien fraternel ? Dans sa nouvelle encyclique Fratelli Tutti, le pape François fait remarquer que : «  un cœur qui aime est un cœur qui voit. » Réveillons le champion qui dort en nous, il nous appelle à une croissance pour aimer et voir le pauvre devant notre maison, le malade qui a besoin d’amitié, de paroles et de gestes qui apaisent. Enfin, que ces talents ces cadeaux que le Seigneur nous a donnés, soient pour les autres, croissent et qu’ils portent du fruit  par notre témoignage. Rassurons nous Christ nous dit : « celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.» Amen.    

Père Ange

Dimanche 8 novembre 2020

Evangile : Saint Matthieu (25, 1-13) – 32ème dimanche ordinaire « A » – dimanche 8 novembre 2020

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.

Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.

Au milieu de la nuit, il y eut un cri : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. » Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. » Les prévoyantes leur répondirent : « Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter. »

Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! » Il leur répondit : « Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. » Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Commentaire de Bertrand Jardin (Diacre) :

« Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. » 

Rencontre, c’est peut-être le mot qu’il faut retenir aujourd’hui.

C’est l’appel que reçoivent ces dix jeunes filles invitées à des noces. Pour comprendre cette scène, il faut savoir qu’à l’époque de Jésus, avant que le futur marié rejoigne son épouse, il y avait des négociations sur la dot entre les pères des futurs mariés. Parfois ces négociations étaient un peu longues, même si c’était une mise en scène préparée d’avance. Il fallait donc attendre l’arrivée de l’époux ! C’est en prenant appui sur les rites du mariage à cette époque que Jésus nous raconte une parabole pour nous enseigner sur une autre alliance, l’alliance du Seigneur avec son peuple. Cette parabole des dix vierges fait partie des récits de Jésus qui exhortent à la vigilance, dans l’attente de la venue de l’époux, figure ici du Seigneur, du fils de l’homme.

Jésus est déjà venu il y a 2000 ans. Il vient sans cesse, et de bien des manières. Il est avec nous, comme il l’a promis avant son ascension. Et nous attendons qu’il vienne dans la gloire au dernier jour. C’est ce que nous proclamons dans l’anamnèse, l’acclamation qui suit la consécration. Dans quinze jours, nous célèbrerons la fête du Christ, Roi de l’univers, qui marquera la fin de l’année liturgique, et nous tournera donc vers le dernier jour de ce monde et la venue dans la gloire de Jésus. Nous attendons la venue de l’Époux, le Christ Jésus.

C’est dans ce contexte que nous accueillons l’appel à veiller, à nous tenir prêts pour ce jour : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. »

Les jeunes filles invitées à la noce avaient besoin d’huile pour leur lampe et aller à la rencontre de l’époux au cœur de la nuit. Cinq de ces jeunes filles avaient été prévoyantes et avaient suffisamment d’huile ; mais les cinq autres, non !

Que veut nous dire, nous faire comprendre Jésus ? Comment ne pas être insouciant ? Comment être prévoyant ? Quelle est cette huile dont nous avons besoin pour pouvoir rencontrer le Christ quand il vient ? 

Plusieurs huiles sont certainement nécessaires :

– l’huile de l’amour : se laisser aimer par le Seigneur et l’aimer, vouloir vivre un cœur-à-cœur avec lui, entretenir cette relation aimante… La 1ère lecture nous parlait de la Sagesse : « elle est resplendissante, ne se flétrit pas, se laisse contempler par ceux qui l’aiment, se laisse trouver par ceux qui la cherchent. » La Sagesse n’est pas un concept philosophique. Dans la Bible, la Sagesse est une évocation de Dieu. Elle nous dit quelque chose de Dieu, de Jésus, de l’Esprit Saint. Aimons, contemplons, cherchons, trouvons la Sagesse, le Seigneur. Allons à sa rencontre, laissons-nous rencontrer.

– l’huile de l’espérance pour l’attendre, pour le désirer, pour guetter les signes de son arrivée, de sa venue… Souvenons-nous de ce qu’écrivait Paul aux Thessaloniciens : « il ne faut pas que vous soyez abattus comme ceux qui n’ont pas d’espérance ».

– l’huile de la foi : croire que le Seigneur nous aime, qu’il ne nous abandonne pas, qu’il est avec nous, que Jésus est venu pour nous sauver… Paul disait encore « Jésus, nous le croyons est mort et ressuscité, de même nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui… Nous serons emportés sur les nuées du ciel à la rencontre du Seigneur. »

Où puisons-nous ces huiles ? Auprès du Seigneur nos fioles trouveront l’huile nécessaire pour éclairer nos chemins. Dans la prière, la lecture et la méditation de la Parole, dans la célébration des sacrements. 

Mais ce temps de confinement prive les chrétiens de la célébration de l’eucharistie. Comme lors du 1er confinement, il nous faut redécouvrir, approfondir ce qu’est la communion de désir, la communion spirituelle, ce qu’est la confession de désir. Bien évidemment, l’acte sacramentel n’a pas lieu, le désir ne le remplace pas. Mais ne nous privons pas de ce que l’Église nous propose de bien des manières pour puiser l’huile nécessaire à notre attente active de la venue du Seigneur. 

Il y a aussi un autre gisement d’huile : le service des autres, le service du frère, de la sœur. C’est ce à quoi le Pape François nous appelle dans sa dernière encyclique « Tous frères ».

Pourvus de cette huile, nous pourrons, sans crainte, entendre l’appel « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. » La rencontre avec l’époux, le Seigneur, aura lieu et nous pourrons avec lui partager le repas de noce. 

AMEN.

Les textes du dimanche 24 mai

PREMIÈRE LECTURE

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » (Ac 1, 12-14)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel,
    retournèrent à Jérusalem
depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche,
– la distance de marche ne dépasse pas
ce qui est permis le jour du sabbat.
    À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute
où ils se tenaient habituellement ;
c’était Pierre, Jean, Jacques et André,
Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu,
Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
    Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière,
avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus,
et avec ses frères.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 26 (27), 1, 4, 7-8)

R/ J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
ou Alléluia !
 (Ps 26, 13)

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

DEUXIÈME LECTURE

« Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous » (1 P 4, 13-16)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ,
réjouissez-vous,
afin d’être dans la joie et l’allégresse
quand sa gloire se révélera.
    Si l’on vous insulte pour le nom du Christ,
heureux êtes-vous,
parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu,
repose sur vous.
    Que personne d’entre vous, en effet,
n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur,
ou comme agitateur.
    Mais si c’est comme chrétien,
qu’il n’ait pas de honte,
et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1b-11a)

Alléluia. Alléluia. 
Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ;
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.
Alléluia. (cf. Jn 14, 18 ; 16, 22)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
        Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, l’heure est venue.
Glorifie ton Fils
afin que le Fils te glorifie.
    Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,
il donnera la vie éternelle
à tous ceux que tu lui as donnés.
    Or, la vie éternelle,
c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé,
Jésus Christ.
    Moi, je t’ai glorifié sur la terre
en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
    Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,
de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
    J’ai manifesté ton nom
aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.
Ils étaient à toi, tu me les as donnés,
et ils ont gardé ta parole.
    Maintenant, ils ont reconnu
que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
    car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :
ils les ont reçues,
ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,
et ils ont cru que tu m’as envoyé.

    Moi, je prie pour eux ;
ce n’est pas pour le monde que je prie,
mais pour ceux que tu m’as donnés,
car ils sont à toi.
    Tout ce qui est à moi est à toi,
et ce qui est à toi est à moi ;
et je suis glorifié en eux.
    Désormais, je ne suis plus dans le monde ;
eux, ils sont dans le monde,
et moi, je viens vers toi. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : AELF

Les textes du jeudi de l’Ascension

PREMIÈRE LECTURE

« Tandis que les Apotres le regardaient, il s’éleva » (Ac 1, 1-11)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Cher Théophile,
dans mon premier livre
j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné
depuis le moment où il commença,
    jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel,
après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions
aux Apôtres qu’il avait choisis.
    C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ;
il leur en a donné bien des preuves,
puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu
et leur a parlé du royaume de Dieu.

    Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux,
il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem,
mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père.
Il déclara :
« Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche :
    alors que Jean a baptisé avec l’eau,
vous, c’est dans l’Esprit Saint
que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
    Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient :
« Seigneur, est-ce maintenant le temps
où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
    Jésus leur répondit :
« Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments
que le Père a fixés de sa propre autorité.
    Mais vous allez recevoir une force
quand le Saint-Esprit viendra sur vous ;
vous serez alors mes témoins
à Jérusalem,
dans toute la Judée et la Samarie,
et jusqu’aux extrémités de la terre. »

    Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient,
il s’éleva,
et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
    Et comme ils fixaient encore le ciel
où Jésus s’en allait,
voici que, devant eux,
se tenaient deux hommes en vêtements blancs,
    qui leur dirent :
« Galiléens,
pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?
Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous,
viendra de la même manière
que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9)

R/ Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
ou : Alléluia !
 (Ps 46, 6)

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l’annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

DEUXIÈME LECTURE

« Dieu l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux » (Ep 1, 17-23)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
    que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ,
le Père dans sa gloire,
vous donne un esprit de sagesse
qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître.
    Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur,
pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel,
la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles,
    et quelle puissance incomparable
il déploie pour nous, les croyants :
c’est l’énergie, la force, la vigueur
    qu’il a mise en œuvre dans le Christ
quand il l’a ressuscité d’entre les morts
et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux.
    Il l’a établi au-dessus de tout être céleste :
Principauté, Souveraineté, Puissance et Domination,
au-dessus de tout nom
que l’on puisse nommer,
non seulement dans le monde présent
mais aussi dans le monde à venir.
    Il a tout mis sous ses pieds
et, le plaçant plus haut que tout,
il a fait de lui la tête de l’Église
    qui est son corps,
et l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ,
lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 16-20)

Alléluia. Alléluia. 
Allez ! De toutes les nations faites des disciples,
dit le Seigneur.
Moi, je suis avec vous tous les jours
jusqu’à la fin du monde.
Alléluia. (Mt 28, 19a.20b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    les onze disciples s’en allèrent en Galilée,
à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
    Quand ils le virent, ils se prosternèrent,
mais certains eurent des doutes.
    Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
    Allez ! De toutes les nations faites des disciples :
baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
    apprenez-leur à observer
tout ce que je vous ai commandé.
Et moi, je suis avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : AELF

Homélie de la solennité de l’Ascension

L’Ascension  du Seigneur  est l’acte par lequel le Christ fut enlevé au ciel pour siéger à la droite du Père. Elle se situe justement dans le prolongement de Pâques qu’elle actualise. Ainsi, la vie des disciples prend désormais une nouvelle tournure et une nouvelle perspective. Quand Jésus ressuscité se sépare de ses disciples, au mont des Oliviers, pour retourner vers son Père, il les invite à devenir les acteurs d’une espérance nouvelle : « Vous allez recevoir  une force, quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors  mes témoins  à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Le Christ leur demande d’assumer désormais une nouvelle responsabilité, laquelle les engage d’abord à entrer en profondeur dans le mystère de l’amour où Dieu communique avec son fils dans l’Esprit-saint ; puis à devenir témoins du salut au cœur de l’humanité.

Le Christ est certes retourné vers son Père, mais il n’est pas absent ; il s’est retiré pour être discrètement absent et subtilement présent. Dorénavant, ses proches ne vont plus le voir comme ils en avaient l’habitude. Mais, Jésus les rassure ; son départ sera l’annonce d’une nouvelle présence. Il part, « il disparaît à nos regards, dira saint Augustin afin que nous rentrions dans notre  cœur et que nous l’y trouvions ». L’Ascension du Christ signifie un nouveau mode de présence à ses disciples. Une présence plus vivante et plus active parce que procurant aux disciples, une forte prise de conscience de la gravité de leur mission et de leur responsabilité. 

Le Christ après avoir accompli sa mission mandate les Apôtres qu’il envoie en mission : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 16-20)

En réalité, le mystère de l’Ascension de notre Seigneur entraîne celle des chrétiens. Comme le Christ est monté après avoir accompli sa mission, de même tout disciple ne peut faire sa propre ascension qu’en travaillant à celle des autres ; c’est sur ce critère qu’il sera jugé et accueilli ou non dans le Royaume des cieux. 

Notre mission à nous aujourd’hui, est en effet de montrer que l’eucharistie féconde et fonde notre unité, et nous pousse à aller vers les autres, particulièrement les plus vulnérables, pour reconnaître dans leur visage, notre propre visage et le vrai visage de Dieu.

Il devient alors urgent de notre part, en tant que membres du Corps du Christ, c’est-à-dire témoins de son mystère pascal et enracinés dans la prière, de réinventer dans notre contexte actuel une nouvelle manière  de faire Église et de vivre l’Eucharistie, source et sommet de toute la vie chrétienne. Cela passe par l’écoute et la pratique de la parole du Christ, son enseignement, ses commandements, ses sacrements ; tout cela constitue non pas de simples souvenirs, mais des canaux de grâces qui réactualisent sans cesse sa présence agissante. 

Abbé Hermann Hadou (qui nous a accompagné cet été)

Séminaire Saint-Eugène de Samoé (N’Zérékoré-Guinée), le jeudi 21 mai 2020

Les textes du dimanche 17 mai 2020

PREMIÈRE LECTURE

« Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint » (Ac 8, 5-8.14-17)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
    Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie,
et là il proclamait le Christ.
    Les foules, d’un même cœur,
s’attachaient à ce que disait Philippe,
car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait,
ou même les voyaient.
    Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs,
qui sortaient en poussant de grands cris.
Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris.
    Et il y eut dans cette ville une grande joie.

    Les Apôtres, restés à Jérusalem,
apprirent que la Samarie
avait accueilli la parole de Dieu.
Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean.
    À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains
afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ;
    en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux :
ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
    Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains,
et ils reçurent l’Esprit Saint.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20)

R/ Terre entière, acclame Dieu,
chante le Seigneur !
ou : Alléluia !
 (Ps 65, 1)

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

« Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

DEUXIÈME LECTURE

« Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l’esprit, il a reçu la vie » (1 P 3, 15-18)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
honorez dans vos cœurs
la sainteté du Seigneur, le Christ.
Soyez prêts à tout moment à présenter une défense
devant quiconque vous demande de rendre raison
de l’espérance qui est en vous ;
    mais faites-le avec douceur et respect.
Ayez une conscience droite,
afin que vos adversaires soient pris de honte
sur le point même où ils disent du mal de vous
pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ.
    Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien,
si c’était la volonté de Dieu,
plutôt qu’en faisant le mal.
    Car le Christ, lui aussi,
a souffert pour les péchés,
une seule fois,
lui, le juste, pour les injustes,
afin de vous introduire devant Dieu ;
il a été mis à mort dans la chair ;
mais vivifié dans l’Esprit.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » (Jn 14, 15-21)

Alléluia. Alléluia. 
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Si vous m’aimez,
vous garderez mes commandements.
    Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous :
    l’Esprit de vérité,
lui que le monde ne peut recevoir,
car il ne le voit pas et ne le connaît pas ;
vous, vous le connaissez,
car il demeure auprès de vous,
et il sera en vous.
    Je ne vous laisserai pas orphelins,
je reviens vers vous.
    D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus,
mais vous, vous me verrez vivant,
et vous vivrez aussi.
    En ce jour-là, vous reconnaîtrez
que je suis en mon Père,
que vous êtes en moi,
et moi en vous.
    Celui qui reçoit mes commandements et les garde,
c’est celui-là qui m’aime ;
et celui qui m’aime
sera aimé de mon Père ;
moi aussi, je l’aimerai,
et je me manifesterai à lui. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : AELF

Homélie 6ème Dimanche de Pâques « Je ne vous laisserai pas orphelins »

Au moment où St Jean écrit ce passage de l’évangile que nous méditons aujourd’hui (le discours d’adieu de Jésus à ses disciples), ceux-ci se trouvent dans une situation très pénible. On se moque d’eux, parce que leur maitre vient d’être crucifié comme un bandit. On les chasse des synagogues, on les persécute. Mais le Christ ressuscité les rassure, il leur promet l’Esprit Saint qui sera avec eux pour toujours et qui sera la source de l’espérance que Pierre mentionne dans la deuxième lecture de ce dimanche. 

Devant l’agressivité des adversaires, Pierre invite au témoignage et à la non-violence : « soyez toujours prêts à rendre raison de l’espérance qui est en vous. Mais faites-le avec douceur et respect. »L’expression rendre raison signifie : rendre compte de quelque choseOn peut alors se demander de quelle espérance devrions-nous rendre compte ? Le pape François répond : « cette espérance n’est pas un concept mais une personne, c’est le Seigneur Jésus». Nous devons être ses témoins. Au moment de notre baptême, Jésus a pris sa demeure en nous afin que nos vies soient la vitrine de son Amour pour le monde. Nous le savons, dans nos commerces, nos magasins, les présentoirs servent à capter l’attention des clients, à les inviter à découvrir ce qu’il y a de beau à l’intérieur de la boutique. Ainsi, sommes nous invités à être ces signes vivants et lumineux de la présence de Jésus ressuscité, au milieu de nos frères. Cette mission à nous confiée doit être accomplie avec douceur et respect.

Les personnes douces sont un cadeau de Dieu et un bienfait pour notre monde. Elles brisent la spirale infernale dans laquelle s’enferme notre univers de violence. Quand le respect et la douceur sont présents dans une famille, dans une communauté la paix et l’harmonie se portent bien. Jésus n’a eu de cesse de nous l’enseigner. On se rappelle du respect avec lequel il traitait les enfants, les femmes, les malheureux, les malades, les exclus, les pécheurs. Christine Pedotti dans un livre « Jésus l’homme qui préférait les femmes » rend compte de la bienveillance et du respect qu’Il leur accorde. Elle détaille ses arguments ainsi «  Jésus traite les femmes comme des personnes à part entière, sans leur assigner un quelconque rôle en raison de leur sexe. Il parle avec elles, il les libère, il les touche et se laisse toucher sans difficulté. Cela signifie que notre vie de témoin ne doit pas être une entrave pour nos frères et sœurs, mais un tremplin pour susciter la joie en tout homme. Justement, comment être témoins de Jésus Christ aujourd’hui, notre monde présente trop de surprises ? Par exemple, pour la bonne conduite que vous avez, on dit du mal de vous…Voilà une mission bien délicate. «  Je ne vous laisserai pas orphelins, l’Esprit Saint viendra.» En cette parole nous trouvons le réconfort car elle nous rappelle que nos missions sont portées par l’Esprit Saint.

Mais cet esprit, est ce que je le laisse agir en moi ? Si c’est l’Esprit de vérité, est-ce que je sais l’entendre ? Défenseur et consolateur, l’Esprit m’invite à ne jamais désespérer, ni des autres, ni de Dieu, ni même de moi-même. A la vérité, il est assez puissant en moi pour vaincre toutes mes résistances, puisse qu’il lave ce qui est souillé et guérit ce qui est blessé. Faisons-lui confiance. Il est assez patient pour nous mener là où Dieu veut, si toutefois nous lui confions notre vie. Maintenant, il attend notre oui pour être à l’œuvre, qu’attends-tu pour lui donner ton accord? N’aies pas peur il remet l’homme égaré sur le chemin de vie et accorde la paix qui n’a pas de prix. Que vive alors en nous cette force divine. Amen 

P Ange

Textes du dimanche 10 mai 2020

PREMIÈRE LECTURE

« Ils choisirent sept hommes remplis d’Esprit Saint » (Ac 6, 1-7)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

    En ces jours-là,
comme le nombre des disciples augmentait,
les frères de langue grecque
récriminèrent contre ceux de langue hébraïque,
parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées
dans le service quotidien.
    Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples
et leur dirent :
« Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu
pour servir aux tables.
    Cherchez plutôt, frères,
sept d’entre vous,
des hommes qui soient estimés de tous,
remplis d’Esprit Saint et de sagesse,
et nous les établirons dans cette charge.
    En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière
et au service de la Parole. »
    Ces propos plurent à tout le monde,
et l’on choisit :
Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint,
Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas
et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche.
    On les présenta aux Apôtres,
et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains.
    La parole de Dieu était féconde,
le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem,
et une grande foule de prêtres juifs
parvenaient à l’obéissance de la foi.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 32 (33), 1-2, 4-5, 18-19)

R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi !
ou : Alléluia !
 (Ps 32, 22)

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

DEUXIÈME LECTURE

« Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal » (1 P 2, 4-9)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    approchez-vous du Seigneur Jésus :
il est la pierre vivante
rejetée par les hommes,
mais choisie et précieuse devant Dieu.
    Vous aussi, comme pierres vivantes,
entrez dans la construction de la demeure spirituelle,
pour devenir le sacerdoce saint
et présenter des sacrifices spirituels,
agréables à Dieu, par Jésus Christ.
    En effet, il y a ceci dans l’Écriture :
Je vais poser en Sion une pierre angulaire,
une pierre choisie, précieuse ;
celui qui met en elle sa foi
ne saurait connaître la honte.

    Ainsi donc, honneur à vous les croyants,
mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle,
    une pierre d’achoppement,
un rocher sur lequel on trébuche.

Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole,
et c’est bien ce qui devait leur arriver.
    Mais vous, vous êtes une descendance choisie,
un sacerdoce royal,
une nation sainte,
un peuple destiné au salut,
pour que vous annonciez les merveilles
de celui qui vous a appelés des ténèbres
à son admirable lumière.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 1-12)

Alléluia. Alléluia. 
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Que votre cœur ne soit pas bouleversé :
vous croyez en Dieu,
croyez aussi en moi.
    Dans la maison de mon Père,
il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit :
‘Je pars vous préparer une place’ ?
    Quand je serai parti vous préparer une place,
je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi,
afin que là où je suis,
vous soyez, vous aussi.
    Pour aller où je vais,
vous savez le chemin. »
    Thomas lui dit :
« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.
Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
    Jésus lui répond :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
    Puisque vous me connaissez,
vous connaîtrez aussi mon Père.
Dès maintenant vous le connaissez,
et vous l’avez vu. »
    Philippe lui dit :
« Seigneur, montre-nous le Père ;
cela nous suffit. »
    Jésus lui répond :
« Il y a si longtemps que je suis avec vous,
et tu ne me connais pas, Philippe !
Celui qui m’a vu
a vu le Père.
Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ?
    Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père
et que le Père est en moi !
Les paroles que je vous dis,
je ne les dis pas de moi-même ;
le Père qui demeure en moi
fait ses propres œuvres.
    Croyez-moi :
je suis dans le Père,
et le Père est en moi ;
si vous ne me croyez pas,
croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
    Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi
fera les œuvres que je fais.
Il en fera même de plus grandes,
parce que je pars vers le Père »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : https://www.aelf.org/2020-05-10/romain/messe