LE RAPPORT DE LA COMMISSION INDEPENDANTE SUR LES ABUS SEXUELS DANS L’EGLISE (CIASE) : PARLONS-EN !

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Vendredi 19 NOVEMBRE 2021
18h30 – 20h30
Dans la grande salle de réunion

Avec notamment
Mgr Joly évêque auxiliaire, le Professeur Andre BADICHE neuro-psychiatre (médecin retraité) et ancien chef de service à Guillaume Régnier,

18h30 : Présentation de la soirée.
Lecture de 3 témoignages de victimes, tirés du rapport Sauvé.

19h : en petits carrefours de 6 personnes maxi
Partager : Comment me suis-je senti touché(e) par la publication de ce rapport ? (3 minutes)
Discerner : Quelles questions, quels appels accueillir pour moi-même et pour mon Eglise ?

19h30 : Tous ensemble :
Chaque carrefour remonte les questions et appels.
Réactions et précisions de Mgr Joly et des Pères Ange et Wilfried et d’André Badiche

20h15 : Que proposons-nous ?

20h30  : Temps de prière

Petit enfant qui pleure, ( Avec l’image si possible du petit qui pleure extrait de la conférence des évêques)
Petit garçon qui t’en étais allé servir la messe, plein de fierté, petite fille qui allait te confesser le cœur plein d’espérance du pardon , jeune garçon , jeune fille, allant tout enthousiaste à l’aumônerie ou au camp scout.
Qui donc a osé souiller votre corps de ses grosses mains ?
Qui a susurré à votre oreille des mots que vous ignoriez ?
Qui vous a imposé cette odeur qui vous imprègne ?
Qui a fait de vous sa chose, tout en prétendant être votre meilleur ami ? qui vous a entrainé dans son secret honteux?
Petit enfant qui, à jamais pétrifié, pleure sous les voûtes d’une cathédrale, petit enfant des centaines de milliers de fois multiplié !
Quelqu’un t’a photographié. Il permet à beaucoup de te voir, de te regarder. Quelqu’un s’est reconnu en toi, a vu en toi l’image de sa destinée brisée, ravagée. Quelqu’un, en te découvrant un jour, a trouvé en toi un frère ou une sœur grâce à qui il allait pouvoir exprimer ce qu’il portait en secret, ce que tant et tant ont porté et portent sans trouver de mots pour le dire, sans trouver, et moins encore, de cœur pour les écouter.
Petit enfant qui pleure sur un pilier d’église, là où tu devrais chanter, louer, te sentir en paix dans la maison de Dieu.
Nos te regardons. Désormais, nous passerons devant toi en te voyant, en t’écoutant. Ô enfant bafoué, enfant humilié, enfant profané qui servit au fond de tant d’adultes ou d’adolescent suicidé, nous voulons apprendre à te regarder et à entendre le cri muet de ta souffrance.
Petits garçons, petites filles qui pleurez cachés dans les adultes que tous voient, adolescents murés en un silence qui vous a été imposé, nous vous devons cela. Nous vous le devons sous le regard de l’humanité, sous le regard de notre conscience, sous le regard du Christ notre Seigneur, que vous vouliez chanter de toute votre âme, de tout votre être, et devant qui à jamais vous pleurez.
Il est trop tard pour que nous puissions essuyer vos larmes. Il ne l’est pas de nous souvenir de vous. Votre image placée sous nos yeux, nous voudrions qu’elle imprègne nos âmes. Désormais, je ne peux entrer dans une église, pour y célébrer le mystère de la vie et de l’amour plus fort que la mort, sans porter le stigmate de votre visage qui pleure, si pauvre, si touchant, si seul, si désemparé, et si digne surtout. Tout le bien du monde ne rachète pas les pleurs d’un enfant.
Petit enfant qui pleure, petite fille, petit garçon, adolescente, adolescent, moi Eric de Moulins-Beaufort, Président de la conférence des évêques de France, avec mes frères éveques et les prêtres et les fidèles qui le veulent bien, j’implore de Dieu en ce jour qu’il m’apprenne à vous être fraternel. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
La conférence des évêques

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