Homélie du dimanche 29 novembre – 1er dimanche de l’Avent

Nous célébrons ce premier dimanche de l’Avent 2020 dans un contexte particulier marqué par la pandémie et un retour, avec effectif limité, dans les églises pour les célébrations.

Qu’allons-nous vivre durant ces quatre semaines qui nous séparent de Noël ?

Ce temps sera-t-il un temps de grâce durant lequel nous nous laisserons combler par l’attente et le désir du Seigneur ? Nous permettra-t-il d’apprendre à reconnaître les signes de la venue, de la présence du Seigneur dans nos vies ?

Vivre l’Avent, c’est vivre le moment présent, l’aujourd’hui de Dieu qui vient nous rejoindre, qui vient partager les réalités de nos vies : la pandémie avec toutes ses conséquences sociales, psychologiques, affectives, écono­miques… le chômage, la santé, l’isolement, les séparations, les souffrances physiques, psychiques…, les menaces terroristes…, et bien d’autres réalités encore…

Nous sommes dans la nuit et nous attendons la lumière. Lumière du réconfort, de la paix, de l’amitié, de l’affection…

Au début de l’Avent, prenons conscience de ces réalités, les nôtres mais aussi celles de nos proches, des autres…

Que désirons-nous, que voulons-nous, qu’attendons-nous ? Qui attendons-nous ?

Mais aussi que faisons-nous pour faire reculer ces ténèbres, pour ne pas nous laisser aller au désespoir et pour nous émerveiller des petits signes qui nous sont donnés, ces petites étincelles qui annoncent demain, qui accompagnent la venue de Celui qui vient ?

Nous pourrions en ce début d’Avent faire nôtre la prière d’Isaïe, dans la 1ère lecture et le psaume qui lui faisait écho. Le prophète fait mémoire de ce que le Seigneur a fait et de ce que les hommes ont fait de ses œuvres. Il l’appelle, lui pose une question, lui demande de revenir pour l’amour de ses serviteurs. « Reviens, à cause de tes serviteurs… Seigneur, c’est toi notre père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes l’ouvrage de ta main. ».

En pensant à cette parole d’Isaïe et aux santonniers de Provence, laissons-nous façonner par la main du Seigneur si nous voulons prendre place dans la crèche de Bethléem.

Le message qu’adresse Paul aux chrétiens de Corinthe nous appelle à vivre ce temps d’Avent, d’avènement comme un temps de joyeuse espérance : « Aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. C’est lui qui vous fera tenir… »

C’est bien le Christ Jésus et lui seul qui nous permet de tenir pour vivre le temps de cette terrible pandémie, qui nous permet d’attendre, de discerner les signes qu’il nous donne de sa venue, de sa présence. Aucun don de grâce ne nous manque.

C’est aussi avec ce don de grâce que nous pouvons rester éveillés, que nous pouvons veiller pour guetter la venue du Seigneur comme Jésus nous le demande dans l’évangile de ce jour : « Prenez garde, restez éveillés… Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison… Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Par trois fois, nous entendons le verbe ‘veiller’ et une fois ‘rester éveillé’. C’est dire combien cette attitude doit être la nôtre durant ces semaines. Il ne s’agit pas d’être somnolent, à moitié endormi. Le veilleur est en éveil pour discerner le moindre signe d’une présence, d’un mouvement, d’une action… pour être en alerte, prêt à intervenir, à accueillir…

Si l’endurcissement de nos cœurs, nos péchés, nos égarements pour reprendre la confession d’Isaïe dans la 1ère lecture nous plongent dans une certaine léthargie, paralysie, que cet Avent soit un temps de grâce pour crier vers le Seigneur notre désir, l’attente de son salut, de sa guérison. Que la perspective de sa venue nous réveille et nous tienne en éveil pour l’accueillir.

Alors heureux serons-nous. Heureux serons-nous si nous crions vers le Seigneur notre désir, notre attente de salut ! Heureux serons-nous si nous nous laissons façonner par le Seigneur comme l’argile dans la main du potier ! Heureux serons-nous si nous prenons conscience des grâces dont nous sommes comblés ! Heureux serons-nous si nous restons éveillés, si nous veillons et discernons les signes de la présence, de la venue du Seigneur ! Heureux serons-nous parce que la bonne nouvelle reçue par les bergers dans la nuit de Bethléem sera pour nous aussi. 

Bel Avent ! Belle nouvelle année avec le Seigneur qui vient !

Allumons la 1ère bougie de l’Avent et veillons !

AMEN.

Bertrand Jardin, diacre

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