Homélie de la solennité de l’Ascension

L’Ascension  du Seigneur  est l’acte par lequel le Christ fut enlevé au ciel pour siéger à la droite du Père. Elle se situe justement dans le prolongement de Pâques qu’elle actualise. Ainsi, la vie des disciples prend désormais une nouvelle tournure et une nouvelle perspective. Quand Jésus ressuscité se sépare de ses disciples, au mont des Oliviers, pour retourner vers son Père, il les invite à devenir les acteurs d’une espérance nouvelle : « Vous allez recevoir  une force, quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors  mes témoins  à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Le Christ leur demande d’assumer désormais une nouvelle responsabilité, laquelle les engage d’abord à entrer en profondeur dans le mystère de l’amour où Dieu communique avec son fils dans l’Esprit-saint ; puis à devenir témoins du salut au cœur de l’humanité.

Le Christ est certes retourné vers son Père, mais il n’est pas absent ; il s’est retiré pour être discrètement absent et subtilement présent. Dorénavant, ses proches ne vont plus le voir comme ils en avaient l’habitude. Mais, Jésus les rassure ; son départ sera l’annonce d’une nouvelle présence. Il part, « il disparaît à nos regards, dira saint Augustin afin que nous rentrions dans notre  cœur et que nous l’y trouvions ». L’Ascension du Christ signifie un nouveau mode de présence à ses disciples. Une présence plus vivante et plus active parce que procurant aux disciples, une forte prise de conscience de la gravité de leur mission et de leur responsabilité. 

Le Christ après avoir accompli sa mission mandate les Apôtres qu’il envoie en mission : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 16-20)

En réalité, le mystère de l’Ascension de notre Seigneur entraîne celle des chrétiens. Comme le Christ est monté après avoir accompli sa mission, de même tout disciple ne peut faire sa propre ascension qu’en travaillant à celle des autres ; c’est sur ce critère qu’il sera jugé et accueilli ou non dans le Royaume des cieux. 

Notre mission à nous aujourd’hui, est en effet de montrer que l’eucharistie féconde et fonde notre unité, et nous pousse à aller vers les autres, particulièrement les plus vulnérables, pour reconnaître dans leur visage, notre propre visage et le vrai visage de Dieu.

Il devient alors urgent de notre part, en tant que membres du Corps du Christ, c’est-à-dire témoins de son mystère pascal et enracinés dans la prière, de réinventer dans notre contexte actuel une nouvelle manière  de faire Église et de vivre l’Eucharistie, source et sommet de toute la vie chrétienne. Cela passe par l’écoute et la pratique de la parole du Christ, son enseignement, ses commandements, ses sacrements ; tout cela constitue non pas de simples souvenirs, mais des canaux de grâces qui réactualisent sans cesse sa présence agissante. 

Abbé Hermann Hadou (qui nous a accompagné cet été)

Séminaire Saint-Eugène de Samoé (N’Zérékoré-Guinée), le jeudi 21 mai 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *