Archives mensuelles : mai 2020

Les textes du dimanche 24 mai

PREMIÈRE LECTURE

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » (Ac 1, 12-14)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel,
    retournèrent à Jérusalem
depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche,
– la distance de marche ne dépasse pas
ce qui est permis le jour du sabbat.
    À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute
où ils se tenaient habituellement ;
c’était Pierre, Jean, Jacques et André,
Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu,
Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
    Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière,
avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus,
et avec ses frères.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 26 (27), 1, 4, 7-8)

R/ J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
ou Alléluia !
 (Ps 26, 13)

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

DEUXIÈME LECTURE

« Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous » (1 P 4, 13-16)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ,
réjouissez-vous,
afin d’être dans la joie et l’allégresse
quand sa gloire se révélera.
    Si l’on vous insulte pour le nom du Christ,
heureux êtes-vous,
parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu,
repose sur vous.
    Que personne d’entre vous, en effet,
n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur,
ou comme agitateur.
    Mais si c’est comme chrétien,
qu’il n’ait pas de honte,
et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1b-11a)

Alléluia. Alléluia. 
Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ;
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.
Alléluia. (cf. Jn 14, 18 ; 16, 22)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
        Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, l’heure est venue.
Glorifie ton Fils
afin que le Fils te glorifie.
    Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,
il donnera la vie éternelle
à tous ceux que tu lui as donnés.
    Or, la vie éternelle,
c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé,
Jésus Christ.
    Moi, je t’ai glorifié sur la terre
en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
    Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,
de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
    J’ai manifesté ton nom
aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.
Ils étaient à toi, tu me les as donnés,
et ils ont gardé ta parole.
    Maintenant, ils ont reconnu
que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
    car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :
ils les ont reçues,
ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,
et ils ont cru que tu m’as envoyé.

    Moi, je prie pour eux ;
ce n’est pas pour le monde que je prie,
mais pour ceux que tu m’as donnés,
car ils sont à toi.
    Tout ce qui est à moi est à toi,
et ce qui est à toi est à moi ;
et je suis glorifié en eux.
    Désormais, je ne suis plus dans le monde ;
eux, ils sont dans le monde,
et moi, je viens vers toi. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : AELF

Les textes du jeudi de l’Ascension

PREMIÈRE LECTURE

« Tandis que les Apotres le regardaient, il s’éleva » (Ac 1, 1-11)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Cher Théophile,
dans mon premier livre
j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné
depuis le moment où il commença,
    jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel,
après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions
aux Apôtres qu’il avait choisis.
    C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ;
il leur en a donné bien des preuves,
puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu
et leur a parlé du royaume de Dieu.

    Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux,
il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem,
mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père.
Il déclara :
« Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche :
    alors que Jean a baptisé avec l’eau,
vous, c’est dans l’Esprit Saint
que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
    Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient :
« Seigneur, est-ce maintenant le temps
où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
    Jésus leur répondit :
« Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments
que le Père a fixés de sa propre autorité.
    Mais vous allez recevoir une force
quand le Saint-Esprit viendra sur vous ;
vous serez alors mes témoins
à Jérusalem,
dans toute la Judée et la Samarie,
et jusqu’aux extrémités de la terre. »

    Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient,
il s’éleva,
et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
    Et comme ils fixaient encore le ciel
où Jésus s’en allait,
voici que, devant eux,
se tenaient deux hommes en vêtements blancs,
    qui leur dirent :
« Galiléens,
pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?
Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous,
viendra de la même manière
que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9)

R/ Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
ou : Alléluia !
 (Ps 46, 6)

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l’annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

DEUXIÈME LECTURE

« Dieu l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux » (Ep 1, 17-23)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
    que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ,
le Père dans sa gloire,
vous donne un esprit de sagesse
qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître.
    Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur,
pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel,
la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles,
    et quelle puissance incomparable
il déploie pour nous, les croyants :
c’est l’énergie, la force, la vigueur
    qu’il a mise en œuvre dans le Christ
quand il l’a ressuscité d’entre les morts
et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux.
    Il l’a établi au-dessus de tout être céleste :
Principauté, Souveraineté, Puissance et Domination,
au-dessus de tout nom
que l’on puisse nommer,
non seulement dans le monde présent
mais aussi dans le monde à venir.
    Il a tout mis sous ses pieds
et, le plaçant plus haut que tout,
il a fait de lui la tête de l’Église
    qui est son corps,
et l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ,
lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 16-20)

Alléluia. Alléluia. 
Allez ! De toutes les nations faites des disciples,
dit le Seigneur.
Moi, je suis avec vous tous les jours
jusqu’à la fin du monde.
Alléluia. (Mt 28, 19a.20b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    les onze disciples s’en allèrent en Galilée,
à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
    Quand ils le virent, ils se prosternèrent,
mais certains eurent des doutes.
    Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
    Allez ! De toutes les nations faites des disciples :
baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
    apprenez-leur à observer
tout ce que je vous ai commandé.
Et moi, je suis avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : AELF

Homélie de la solennité de l’Ascension

L’Ascension  du Seigneur  est l’acte par lequel le Christ fut enlevé au ciel pour siéger à la droite du Père. Elle se situe justement dans le prolongement de Pâques qu’elle actualise. Ainsi, la vie des disciples prend désormais une nouvelle tournure et une nouvelle perspective. Quand Jésus ressuscité se sépare de ses disciples, au mont des Oliviers, pour retourner vers son Père, il les invite à devenir les acteurs d’une espérance nouvelle : « Vous allez recevoir  une force, quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors  mes témoins  à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Le Christ leur demande d’assumer désormais une nouvelle responsabilité, laquelle les engage d’abord à entrer en profondeur dans le mystère de l’amour où Dieu communique avec son fils dans l’Esprit-saint ; puis à devenir témoins du salut au cœur de l’humanité.

Le Christ est certes retourné vers son Père, mais il n’est pas absent ; il s’est retiré pour être discrètement absent et subtilement présent. Dorénavant, ses proches ne vont plus le voir comme ils en avaient l’habitude. Mais, Jésus les rassure ; son départ sera l’annonce d’une nouvelle présence. Il part, « il disparaît à nos regards, dira saint Augustin afin que nous rentrions dans notre  cœur et que nous l’y trouvions ». L’Ascension du Christ signifie un nouveau mode de présence à ses disciples. Une présence plus vivante et plus active parce que procurant aux disciples, une forte prise de conscience de la gravité de leur mission et de leur responsabilité. 

Le Christ après avoir accompli sa mission mandate les Apôtres qu’il envoie en mission : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 16-20)

En réalité, le mystère de l’Ascension de notre Seigneur entraîne celle des chrétiens. Comme le Christ est monté après avoir accompli sa mission, de même tout disciple ne peut faire sa propre ascension qu’en travaillant à celle des autres ; c’est sur ce critère qu’il sera jugé et accueilli ou non dans le Royaume des cieux. 

Notre mission à nous aujourd’hui, est en effet de montrer que l’eucharistie féconde et fonde notre unité, et nous pousse à aller vers les autres, particulièrement les plus vulnérables, pour reconnaître dans leur visage, notre propre visage et le vrai visage de Dieu.

Il devient alors urgent de notre part, en tant que membres du Corps du Christ, c’est-à-dire témoins de son mystère pascal et enracinés dans la prière, de réinventer dans notre contexte actuel une nouvelle manière  de faire Église et de vivre l’Eucharistie, source et sommet de toute la vie chrétienne. Cela passe par l’écoute et la pratique de la parole du Christ, son enseignement, ses commandements, ses sacrements ; tout cela constitue non pas de simples souvenirs, mais des canaux de grâces qui réactualisent sans cesse sa présence agissante. 

Abbé Hermann Hadou (qui nous a accompagné cet été)

Séminaire Saint-Eugène de Samoé (N’Zérékoré-Guinée), le jeudi 21 mai 2020

Les textes du dimanche 17 mai 2020

PREMIÈRE LECTURE

« Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint » (Ac 8, 5-8.14-17)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
    Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie,
et là il proclamait le Christ.
    Les foules, d’un même cœur,
s’attachaient à ce que disait Philippe,
car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait,
ou même les voyaient.
    Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs,
qui sortaient en poussant de grands cris.
Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris.
    Et il y eut dans cette ville une grande joie.

    Les Apôtres, restés à Jérusalem,
apprirent que la Samarie
avait accueilli la parole de Dieu.
Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean.
    À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains
afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ;
    en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux :
ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
    Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains,
et ils reçurent l’Esprit Saint.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20)

R/ Terre entière, acclame Dieu,
chante le Seigneur !
ou : Alléluia !
 (Ps 65, 1)

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

« Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

DEUXIÈME LECTURE

« Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l’esprit, il a reçu la vie » (1 P 3, 15-18)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
honorez dans vos cœurs
la sainteté du Seigneur, le Christ.
Soyez prêts à tout moment à présenter une défense
devant quiconque vous demande de rendre raison
de l’espérance qui est en vous ;
    mais faites-le avec douceur et respect.
Ayez une conscience droite,
afin que vos adversaires soient pris de honte
sur le point même où ils disent du mal de vous
pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ.
    Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien,
si c’était la volonté de Dieu,
plutôt qu’en faisant le mal.
    Car le Christ, lui aussi,
a souffert pour les péchés,
une seule fois,
lui, le juste, pour les injustes,
afin de vous introduire devant Dieu ;
il a été mis à mort dans la chair ;
mais vivifié dans l’Esprit.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » (Jn 14, 15-21)

Alléluia. Alléluia. 
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Si vous m’aimez,
vous garderez mes commandements.
    Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous :
    l’Esprit de vérité,
lui que le monde ne peut recevoir,
car il ne le voit pas et ne le connaît pas ;
vous, vous le connaissez,
car il demeure auprès de vous,
et il sera en vous.
    Je ne vous laisserai pas orphelins,
je reviens vers vous.
    D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus,
mais vous, vous me verrez vivant,
et vous vivrez aussi.
    En ce jour-là, vous reconnaîtrez
que je suis en mon Père,
que vous êtes en moi,
et moi en vous.
    Celui qui reçoit mes commandements et les garde,
c’est celui-là qui m’aime ;
et celui qui m’aime
sera aimé de mon Père ;
moi aussi, je l’aimerai,
et je me manifesterai à lui. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : AELF

Homélie 6ème Dimanche de Pâques « Je ne vous laisserai pas orphelins »

Au moment où St Jean écrit ce passage de l’évangile que nous méditons aujourd’hui (le discours d’adieu de Jésus à ses disciples), ceux-ci se trouvent dans une situation très pénible. On se moque d’eux, parce que leur maitre vient d’être crucifié comme un bandit. On les chasse des synagogues, on les persécute. Mais le Christ ressuscité les rassure, il leur promet l’Esprit Saint qui sera avec eux pour toujours et qui sera la source de l’espérance que Pierre mentionne dans la deuxième lecture de ce dimanche. 

Devant l’agressivité des adversaires, Pierre invite au témoignage et à la non-violence : « soyez toujours prêts à rendre raison de l’espérance qui est en vous. Mais faites-le avec douceur et respect. »L’expression rendre raison signifie : rendre compte de quelque choseOn peut alors se demander de quelle espérance devrions-nous rendre compte ? Le pape François répond : « cette espérance n’est pas un concept mais une personne, c’est le Seigneur Jésus». Nous devons être ses témoins. Au moment de notre baptême, Jésus a pris sa demeure en nous afin que nos vies soient la vitrine de son Amour pour le monde. Nous le savons, dans nos commerces, nos magasins, les présentoirs servent à capter l’attention des clients, à les inviter à découvrir ce qu’il y a de beau à l’intérieur de la boutique. Ainsi, sommes nous invités à être ces signes vivants et lumineux de la présence de Jésus ressuscité, au milieu de nos frères. Cette mission à nous confiée doit être accomplie avec douceur et respect.

Les personnes douces sont un cadeau de Dieu et un bienfait pour notre monde. Elles brisent la spirale infernale dans laquelle s’enferme notre univers de violence. Quand le respect et la douceur sont présents dans une famille, dans une communauté la paix et l’harmonie se portent bien. Jésus n’a eu de cesse de nous l’enseigner. On se rappelle du respect avec lequel il traitait les enfants, les femmes, les malheureux, les malades, les exclus, les pécheurs. Christine Pedotti dans un livre « Jésus l’homme qui préférait les femmes » rend compte de la bienveillance et du respect qu’Il leur accorde. Elle détaille ses arguments ainsi «  Jésus traite les femmes comme des personnes à part entière, sans leur assigner un quelconque rôle en raison de leur sexe. Il parle avec elles, il les libère, il les touche et se laisse toucher sans difficulté. Cela signifie que notre vie de témoin ne doit pas être une entrave pour nos frères et sœurs, mais un tremplin pour susciter la joie en tout homme. Justement, comment être témoins de Jésus Christ aujourd’hui, notre monde présente trop de surprises ? Par exemple, pour la bonne conduite que vous avez, on dit du mal de vous…Voilà une mission bien délicate. «  Je ne vous laisserai pas orphelins, l’Esprit Saint viendra.» En cette parole nous trouvons le réconfort car elle nous rappelle que nos missions sont portées par l’Esprit Saint.

Mais cet esprit, est ce que je le laisse agir en moi ? Si c’est l’Esprit de vérité, est-ce que je sais l’entendre ? Défenseur et consolateur, l’Esprit m’invite à ne jamais désespérer, ni des autres, ni de Dieu, ni même de moi-même. A la vérité, il est assez puissant en moi pour vaincre toutes mes résistances, puisse qu’il lave ce qui est souillé et guérit ce qui est blessé. Faisons-lui confiance. Il est assez patient pour nous mener là où Dieu veut, si toutefois nous lui confions notre vie. Maintenant, il attend notre oui pour être à l’œuvre, qu’attends-tu pour lui donner ton accord? N’aies pas peur il remet l’homme égaré sur le chemin de vie et accorde la paix qui n’a pas de prix. Que vive alors en nous cette force divine. Amen 

P Ange

Textes du dimanche 10 mai 2020

PREMIÈRE LECTURE

« Ils choisirent sept hommes remplis d’Esprit Saint » (Ac 6, 1-7)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

    En ces jours-là,
comme le nombre des disciples augmentait,
les frères de langue grecque
récriminèrent contre ceux de langue hébraïque,
parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées
dans le service quotidien.
    Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples
et leur dirent :
« Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu
pour servir aux tables.
    Cherchez plutôt, frères,
sept d’entre vous,
des hommes qui soient estimés de tous,
remplis d’Esprit Saint et de sagesse,
et nous les établirons dans cette charge.
    En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière
et au service de la Parole. »
    Ces propos plurent à tout le monde,
et l’on choisit :
Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint,
Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas
et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche.
    On les présenta aux Apôtres,
et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains.
    La parole de Dieu était féconde,
le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem,
et une grande foule de prêtres juifs
parvenaient à l’obéissance de la foi.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 32 (33), 1-2, 4-5, 18-19)

R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi !
ou : Alléluia !
 (Ps 32, 22)

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

DEUXIÈME LECTURE

« Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal » (1 P 2, 4-9)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    approchez-vous du Seigneur Jésus :
il est la pierre vivante
rejetée par les hommes,
mais choisie et précieuse devant Dieu.
    Vous aussi, comme pierres vivantes,
entrez dans la construction de la demeure spirituelle,
pour devenir le sacerdoce saint
et présenter des sacrifices spirituels,
agréables à Dieu, par Jésus Christ.
    En effet, il y a ceci dans l’Écriture :
Je vais poser en Sion une pierre angulaire,
une pierre choisie, précieuse ;
celui qui met en elle sa foi
ne saurait connaître la honte.

    Ainsi donc, honneur à vous les croyants,
mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle,
    une pierre d’achoppement,
un rocher sur lequel on trébuche.

Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole,
et c’est bien ce qui devait leur arriver.
    Mais vous, vous êtes une descendance choisie,
un sacerdoce royal,
une nation sainte,
un peuple destiné au salut,
pour que vous annonciez les merveilles
de celui qui vous a appelés des ténèbres
à son admirable lumière.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 1-12)

Alléluia. Alléluia. 
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Que votre cœur ne soit pas bouleversé :
vous croyez en Dieu,
croyez aussi en moi.
    Dans la maison de mon Père,
il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit :
‘Je pars vous préparer une place’ ?
    Quand je serai parti vous préparer une place,
je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi,
afin que là où je suis,
vous soyez, vous aussi.
    Pour aller où je vais,
vous savez le chemin. »
    Thomas lui dit :
« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.
Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
    Jésus lui répond :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
    Puisque vous me connaissez,
vous connaîtrez aussi mon Père.
Dès maintenant vous le connaissez,
et vous l’avez vu. »
    Philippe lui dit :
« Seigneur, montre-nous le Père ;
cela nous suffit. »
    Jésus lui répond :
« Il y a si longtemps que je suis avec vous,
et tu ne me connais pas, Philippe !
Celui qui m’a vu
a vu le Père.
Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ?
    Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père
et que le Père est en moi !
Les paroles que je vous dis,
je ne les dis pas de moi-même ;
le Père qui demeure en moi
fait ses propres œuvres.
    Croyez-moi :
je suis dans le Père,
et le Père est en moi ;
si vous ne me croyez pas,
croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
    Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi
fera les œuvres que je fais.
Il en fera même de plus grandes,
parce que je pars vers le Père »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : https://www.aelf.org/2020-05-10/romain/messe

Commentaire du 5ème dimanche de Pâques

Commentaire Bertrand Jardin – Diacre Permanent.

Le passage de l’Evangile de Jean entendu aujourd’hui nous parle d’une conversation. Quel bel entretien entre Jésus et ses disciples après le dernier repas ! N’ayons pas peur de nous immiscer dans cet entretien. Le bouleversement, les incompréhensions, les questions des disciples, sont peut-être les nôtres. Présentons-les au Seigneur et accueillons ses réponses, ou plutôt, sa Parole.

« Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père » dit Jésus. Cette image d’une maison à plusieurs demeures vient me parler, et j’imagine un grand immeuble, peut-être même une cité jardin. Plusieurs demeures, ça signifie plusieurs personnes qui demeurent dans cette maison promise ; plusieurs familles issues de plusieurs nations, mais aussi des cultures, des chansons, des habitudes, des manières de cuisiner, de chanter, de prier, plusieurs façons de vivre présentes dans une même maison, celle du Père. Elle est grande cette maison, grande au point d’accueillir toutes ces personnes bien sûr, mais grande, aussi, au point d’accueillir toutes les différences entre les personnes, et encore toutes ces manières d’envisager la différence, comme un danger pour les uns, comme une force pour les autres, comme un défaut pour les uns, une richesse pour les autres. Tous, aujourd’hui, mais déjà hier, nous vivons plus ou moins confinés dans nos compréhensions, nos appréhensions, les limites de notre amour. « Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père » dit Jésus. Moi, je connais plusieurs de ces gens qui y habitent, je les vois à leur balcon, je leur parle parfois au téléphone, et s’il en est d’autres que j’ignore et dont nul ne m’a jamais parlé, je sais qu’ils existent. Depuis la crise sanitaire que nous traversons, leurs visages me manquent, leurs sourires me manquent. Mais ils traversent souvent mon esprit et je les vois, et je leur souris. Oui, notre paroisse de Saint-Clément est une de ces demeures du Père. Nous voyons ici et là des retransmissions de messes dans certaines églises où le prêtre célèbre la messe devant des chaises vides sur lesquelles ont été installées les photos du paroissien ou de la paroissienne qui les occupent habituellement. Quand je participe à la messe, chaque dimanche depuis le début du confinement, retransmise depuis la chapelle de la maison diocésaine sur mon ordinateur, je m’imagine à Saint-Clément. Et je vois tous vos visages et je nous imagine en communion de prières. Tout ce temps qui vient de nous être donné ne nous a pas éloignés, au contraire, je crois même pouvoir dire qu’il nous a, d’une certaine façon, rapprochés. Encore plus que d’habitude vous faites partie de ma prière. Avant je me disais « je les verrais à la messe dimanche », maintenant, je me suis habitué à vivre avec vous, autrement. Dès que nous le pourrons, je serai très heureux de pouvoir vous retrouver. Même si nos habitudes devront changer, je sais que nous réussirons à nous adapter, heureux de nous revoir.

Seigneur Jésus, toi qui nous dis que tu es le chemin, enseigne-nous les chemins qui relient les différentes demeures de la maison du Père, car demain nous sortirons. Béni sois-tu, Seigneur, d’être pour moi Chemin, Vérité, Vie. Accorde-moi la grâce de me laisser façonner par ta Parole pour que je puisse dès maintenant, et au terme de mon pèlerinage, te rejoindre dans la Maison de ton Père, notre Père.

Amen.

Les textes du quatrième dimanche de Pâques – année A

PREMIÈRE LECTURE

« Dieu l’a fait Seigneur et Christ » (Ac 2, 14a.36-41)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Le jour de la Pentecôte,
    Pierre, debout avec les onze autres Apôtres,
éleva la voix et fit cette déclaration :
    « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude :
Dieu l’a fait Seigneur et Christ,
ce Jésus que vous aviez crucifié. »
    Les auditeurs furent touchés au cœur ;
ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres :
« Frères, que devons-nous faire ? »
    Pierre leur répondit :
« Convertissez-vous,
et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ
pour le pardon de ses péchés ;
vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.

    Car la promesse est pour vous,
pour vos enfants
et pour tous ceux qui sont loin,
aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. »
    Par bien d’autres paroles encore,
Pierre les adjurait et les exhortait en disant :
« Détournez-vous de cette génération tortueuse,
et vous serez sauvés. »

    Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre
furent baptisés.
Ce jour-là, environ trois mille personnes
se joignirent à eux.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
ou : Alléluia !
 (cf. Ps 22, 1)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

DEUXIÈME LECTURE

« Vous êtes retournés vers le berger de vos âmes » (1 P 2, 20b-25)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien,
c’est une grâce aux yeux de Dieu.
    C’est bien à cela que vous avez été appelés,
    car c’est pour vous que le Christ,
    lui aussi, a souffert ;
il vous a laissé un modèle
    afin que vous suiviez ses traces.
    Lui n’a pas commis de péché ;
dans sa bouche,
on n’a pas trouvé de mensonge.
    Insulté, il ne rendait pas l’insulte,
dans la souffrance, il ne menaçait pas,
mais il s’abandonnait
à Celui qui juge avec justice.
    Lui-même a porté nos péchés,
dans son corps, sur le bois,
afin que, morts à nos péchés,
nous vivions pour la justice.
Par ses blessures, nous sommes guéris.
    Car vous étiez errants
comme des brebis ;
mais à présent vous êtes retournés
vers votre berger, le gardien de vos âmes.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)

Alléluia. Alléluia. 
Je suis le bon Pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus déclara :
    « Amen, amen, je vous le dis :
celui qui entre dans l’enclos des brebis
sans passer par la porte,
mais qui escalade par un autre endroit,
celui-là est un voleur et un bandit.
    Celui qui entre par la porte,
c’est le pasteur, le berger des brebis.
    Le portier lui ouvre,
et les brebis écoutent sa voix.
Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,
et il les fait sortir.
    Quand il a poussé dehors toutes les siennes,
il marche à leur tête,
et les brebis le suivent,
car elles connaissent sa voix.
    Jamais elles ne suivront un étranger,
mais elles s’enfuiront loin de lui,
car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

    Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,
mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole :
« Amen, amen, je vous le dis :
Moi, je suis la porte des brebis.
    Tous ceux qui sont venus avant moi
sont des voleurs et des bandits ;
mais les brebis ne les ont pas écoutés.
    Moi, je suis la porte.
Si quelqu’un entre en passant par moi,
il sera sauvé ;
il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.
Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie,
la vie en abondance. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Source : AELF

La méditation du Père Wilfried

Chers amis. Recevez les salutations les plus fraternelles qui vous viennent de la part des prêtres de votre Communauté paroissiale. Nous tous sentons bien que le temps devient trop lourd pour vivre ce moment qui nous a été imposé. Mais, comme le dit l’adage : « Quelque soit la durée de la nuit, le soleil apparaîtra. » Petit à Petit, nous semblons déjà entrevoir la lueur au bout du tunnel que nous sommes en train de traverser. N’oublions pas de recevoir le Christ qui se fait inviter chez nous pour que nous fassions cette traversée avec lui, à l’instar des disciples d’Emmaüs, dans la foi, mais aussi dans la sérénité. Que les personnes seules, les malades, et les familles trouvent à travers nos modestes partages des paroles fortes pour nourrir notre vie de foi, et nous donner la joie de nous sentir tous fils et filles d’un même Père. Que la paix de Dieu vous habite tous dans l’espérance de nous revoir d’ici peu.

Jésus, Berger de toute l’humanité.

Bien-aimés dans le Seigneur, chers frères et sœurs, chers amis, chers tous.

A travers, les textes d’aujourd’hui, nous découvrons que le salut, la guérison, la paix, oh j’allais dire le bonheur nous viennent de Jésus. Il est Celui qui fait paître son troupeau à la manière d’un bon Berger ; mais un Berger qui a, lui-même, connu des moments rudes et difficiles le menant jusqu’à la mort. Voilà un Dieu qui a su épouser toute la réalité humaine : il va même connaître la mort comme l’un de nous. Cela peut paraître paradoxal que celui qui garde et paît le troupeau puisse lui-même mourir. Et quel serait le sort des brebis ? Heureusement, et fort heureusement, la mort ne l’a pas retenu dans ses abîmes, il est ressuscité et il est vivant. C’est l’événement que nous sommes en train de commémorer pendant cette période jusqu’à la Pentecôte.

Déjà, dans la première lecture, les apôtres, avec Pierre en tête, sortent de leur « confinement » pour aller annoncer le kérygme : le récit de la passion, la mort et la résurrection du Christ, Celui par qui nous avons la Vie. Suivant les lignes de cette lecture, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les gens se sont laissés toucher par les paroles fortes annoncées par des apôtres jusqu’à leur demander : « Frères, que devons-nous faire ? » Voilà, en tout cas, mes sœurs et mes frères, une très belle démarche de conversion, une fois qu’on se sent interpeller par la parole de Dieu. Elle nous transforme au plus profond de nous-mêmes, et nous devenons, par devers elle, des créatures nouvelles. C’est cela la joie de l’évangile.

Mais être une nouvelle créature en Christ Jésus ne nous épargne les difficultés et les souffrances dans la vie de chaque jour. Et, l’homme de Dieu, Pierre, nous réconforte là-dessus tout en précisant que, même Jésus, le fils de Dieu, a eu à connaître les mêmes épreuves que nous. Par son abaissement et en acceptant toute l’humiliation de la part des hommes, il a assumé tous nos péchés, pour que nous soyons sauvés : « Par ses blessures, nous sommes guéris », disait l’auteur sacré. Et, c’est ce qui a fait que, toi et moi aujourd’hui, nous ne soyions plus errants, mais que nous retrouvions la vraie justice et le repos auprès du berger, j’allais dire, du Vrai Berger qu’est le Christ.

Oui, nous ne le dirons jamais assez que le Christ est le Vrai Berger qui donne la vie et le bonheur à ses brebis. C’est cette belle image qu’il utilise dans l’évangile d’aujourd’hui. « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » Oh, bien des fois, nous avions cru trouver notre bonheur ailleurs, tout en oubliant Celui qui le donne en abondance. Voilà pourquoi, en écoutant cet évangile d’aujourd’hui, ma démarche personnelle est de ne plus suivre toutes personnes et toutes choses qui peuvent être pour moi comme un « mauvais berger », un « mauvais guide », un « bien factice », une « flatterie de bonheur » pour me donner totalement au Christ, le véritable Berger et Bonheur de l’humanité toute entière. Ainsi, dès la levée du confinement, non… dès maintenant, je deviens une nouvelle créature en Jésus.

Par la même occasion, n’oublions pas de prier aussi pour les vocations en ce 4ème dimanche de Pâques, devenu journée mondiale des vocations. Pour cela, nous devons une fois de plus nous confier au bon Berger et vrai Pasteur, pour qu’il envoie des pasteurs pour sa moisson. Cependant, n’oublions pas que cette mission nous concerne tous ; car, de par notre baptême, tous, nous avons été appelés pour qu’à l’instar de Jésus, nous soyons, nous aussi, des « petits bergers » dans l’Eglise universelle, mais aussi dans l’Eglise domestique. Que la paix du Seigneur, le bon Berger, demeure en nous dans l’espérance de nous revoir bientôt pour canter ensemble le psaume d’aujourd’hui : « Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer. » Ps. 22 (23). Amen !

Déclaration de Mgr Pierre d’Ornellas

À l’Assemblée Nationale, ce 28 avril 2020, le Premier Ministre a déclaré : « Je sais l’impatience des communautés religieuses (…) mais je crois qu’il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonies avant cette barrière du 2 juin. »

Déclaration

Moi aussi, je comprends l’impatience des catholiques. J’entends leurs souffrances. Peut-être seuls des croyants pratiquants peuvent comprendre cela. Je suis étonné qu’on ne perçoive pas l’impact social des chrétiens qui se réunissent pour prier. La foi qui conduit à servir est essentielle à la vie de la société.

En effet, les catholiques participent avec tous à l’épreuve de cette épidémie. Ils continueront à respecter loyalement les règles sanitaires, par amour du prochain. Ils continueront aussi à s’engager dans la solidarité auprès des familles fragilisées par cette crise, notamment par les paniers-repas, le soutien scolaire, l’écoute et la créativité pour sortir de leur souffrance les personnes isolées. Après le 11 mai, ils auraient été capables de se réunir pour la messe du dimanche et d’accompagner les enfants du catéchisme en respectant avec prudence les règles sanitaires. 

J’ai confiance que les catholiques sauront vivre ce temps prolongé de confinement avec sagesse, en comprenant, à la lumière de l’Évangile, que le grand défi que lance à tous cette épidémie, c’est de prendre soin les uns des autres avec bienveillance et paix. S’il y a un monde nouveau à édifier, c’est celui-là dans tous les domaines de la vie sociale et économique. Grâce à leur foi, les catholiques s’y engageront avec ardeur. Prendre soin du plus pauvre ou du plus fragile, et leur rendre toute leur dignité dans la société, c’est être vraiment humain, c’est servir Dieu lui-même. Encore privés de la messe pour plus d’un mois, les catholiques savent qu’aimer son prochain en actes et en vérité est le plus beau culte rendu à Dieu. Le pape François nous rappelle souvent cette phrase du grand et saint poète espagnol, Jean de la Croix : « au soir de cette vie, tu seras jugé sur l’amour ».

Mgr Pierre d’Ornellas

28 avril 2020