3ème dimanche de Pâques : les disciples d’Emmaüs

Ce beau texte des deux disciples d’Emmaüs a inspiré de nombreux chants et de nombreux tableaux. Nous y retrouvons nos raisons de croire à la résurrection du Christ, mais aussi un appel à nous mettre en marche à la suite du Ressuscité.

Ces deux disciples nous touchent par leur détresse intérieure. Il y a quelque chose qui nous frappe dans leur réflexion : « Nous, nous espérions.. » disaient-ils. Ce verbe « espérions » conjugué au passé, dit tout. Nous avons cru, nous avons suivi et nous avons espéré…mais maintenant tout est fini. Jésus de Nazareth, qui s’était montré prophète puissant en œuvres et en paroles, a échoué et nous sommes restés déçus.

 Ce drame des disciples d’Emmaüs apparait comme un miroir de la situation de beaucoup de chrétiens de notre époque. En effet, notre foi entre souvent en crise à cause d’expériences négatives qui nous font nous sentir abandonnés du Seigneur. Cette situation nous mène sur ce chemin d’Emmaüs, et là à l’instar des disciples, nous nous posons mille et une question sans nous mettre à l’idée que dans la vie chrétienne, il faut souvent mourir à nos rêves pour naitre au projet de Dieu. 

Quel est le sens du chemin d’Emmaüs ? Le symbole de la route dans l’évangile de St Luc, nous montre que la vie chrétienne est une longue marche, parfois épuisante comme peut être le chemin de St Jacques-de-Compostelle, dont j’ai entendu parler. En revanche, si nous observons bien, cette route peut devenir une purification et une maturation de notre foi en Dieu, et où le pédagogue c’est le Christ lui-même. Car on le voit dans l’évangile, Jésus prépare non seulement le cœur des deux disciples à le reconnaitre mais aussi les invite à regarder plus loin, à s’ouvrir à l’espérance, à ne pas demeurer dans la déception.La première chose qui va leur apporter un peu de lumière, c’est le rappel des écritures. La parole de Dieu est nécessaire, elle nourrit nos vies. L’écouter attentivement est capital. Le Concile Vatican II rappelle que dans l’Eglise, c’est le Christ lui-même qui parle lorsqu’on lit les Saintes Ecritures. 

Justement, Jésus leur relit d’abord certains passages. Il leur ouvre ainsi l’intelligence pour mieux comprendre et accepter la volonté de Dieu dans leur vie. Ensuite, la lumière décisive leur est apportée par le geste du pain partagé. Plus d’une fois, sans doute, ils avaient vu Jésus faire ce geste, qui évoque pour nous la cène du jeudi Saint. Là, ils le reconnaissent : cet inconnu, c’est le Seigneur. Finalement, ils déduisent que le chemin d’Emmaüs était un rendez-vous inattendu pour eux mais voulu par le Ressuscité, une sorte de retraite spirituelle venait de prendre fin pour eux. Ainsi, Jésus console et ramène à la bergerie les brebis qui ont une quelconque souffrance. Mais après leurs soins, il leur reste une chose : répandre cette bonne nouvelle. Comme dit Charles de Foucaud, « je viens mettre un peu d’eau dans le bassin pour la redistribuer ». L’annonce de l’évangile ne s’arrêtera donc jamais, c’est le message confiné dans ce récit des deux disciples d’Emmaüs. Ainsi, allons partout dans le monde entier répandons la Bonne Nouvelle de pardon de paix et soyons heureux non pas parce que notre vie est parfaite, mais parce que Dieu est avec nous et nous relève. Amen

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