Méditation du dimanche des rameaux

Alors que nous aurions voulu, avec nos rameaux, nous joindre aux foules pour acclamer l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem et pour commencer la Semaine Sainte, nous sommes confinés chez nous. 

Épreuve, dépouillement pour aller à l’essentiel, pour aller au cœur de notre foi, de notre espérance de chrétiens en pèlerinage sur cette terre.

En entrant dans cette Semaine, différente des autres semaines de l’année, nous suivons Jésus sur ce chemin d’amour donné, d’amour vécu jusqu’au bout. 

Lui, le tout-puissant, devient le tout-vulnérable. Lui, le tout-amour, n’est pas aimé. Lui, qui n’a fait que du bien, est confronté à la puissance du Mal. Lui, le Maître, se fait esclave en lavant les pieds de ses disciples, et il perd la maîtrise en se laissant arrêter et condamner. Lui, qui est la Vie, il passe par la mort. 

Mais obéissant jusqu’à la mort sur la croix, Jésus est exalté au matin de Pâques, il est le Ressuscité, le Vivant. Il est avec nous chaque jour. Il l’est particulièrement en ces temps difficiles pour beaucoup.

Recevons, comme une grâce, de vivre cette Semaine Sainte dans les contraintes du confinement. 

Dans l’extrait de l’Evangile de Matthieu nous avons entendu : « Le Seigneur en a besoin. »

Quelle étrange parole dans la bouche de Jésus le Fils de Dieu ! Dieu est au-dessus de cela ! Comment se fait-il qu’il puisse ainsi révéler une quelconque faiblesse ?

Car c’en est une ! Dire que l’on a besoin de quelque chose, signifie qu’il nous manque ce quelque chose, que nous demandons. Ainsi il manquerait quelque chose au Seigneur ? 

C’est impossible, c’est invraisemblable, c’est contraire à ce que nous pouvons penser ou imaginer de Dieu ! Il a tout ce qui lui faut ! N’est-ce pas ce que nous pensons ?

Pourtant cette parole a bien été prononcé par Jésus, nous n’y pouvons rien. Il a bien dit : « Le Seigneur en a besoin. » Pour son entrée à Jérusalem il a besoin de cet âne, monture de paix et des rois, pour dire à tous ceux qui vont l’acclamer : « Voyez, je suis roi et je suis venu pour vous apporter la paix, la paix dans votre cœur, la paix entre vous. »

Notre Seigneur ne nous invite-t-il pas, par cette parole, à l’humilité, à reconnaître que nous pouvons avoir besoin les uns des autres ? Jésus ne veut-il pas nous dire également qu’il a besoin de nous, de notre amour, de notre reconnaissance, de notre présence pour témoigner de son amour pour tous les hommes ? 

L’âne a été reconnu digne par notre Seigneur pour le porter auprès des foules.

Serions-nous moins qu’un âne ?

Seigneur, aide-nous à être humble et à ne pas nous laisser piéger par notre orgueil. Merci de nous reconnaître dignes de te porter dans le monde, pour être tes témoins rayonnants.

Merci de nous avoir choisis afin d’être tes instruments de paix au cœur du monde.

En suivant Jésus, durant cette grande Semaine Sainte, nous voulons nous laisser entraîner par cet Amour fou de Dieu pour chacun de nous, pour tout homme, nous voulons avancer sur ce chemin et raviver notre foi et proclamer, à la suite des Philippiens, Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. 

Amen.

Bertrand Jardin, diacre

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