Méditation du dimanche 29 mars

Par ce biais, recevez d’emblée nos salutations dans tous les endroits où vous êtes. La pandémie ne constitue en aucun cas un obstacle pour que nous puissions apporter une parole de paix, de joie ou de réconfort à l’autre. Bien que cloîtrés, ici à l’église Saint Clément, nous les prêtres, nous pensons toujours à vous tous et nous ne cessons de vous porter dans nos prières, surtout lors des messes basses et des offices que nous célébrons quotidiennement. Soyons tous forts et solidaires pendant ce moment de rude épreuve, et nous sommes certains que nous vaincrons avec la grâce de Dieu. C’est donc dans cet esprit que nous vous proposons cette humble et brève méditation qui fait suite aux textes bibliques que notre mère l’Eglise nous propose en ce 5ème dimanche de carême.

« Contamine le virus de la charité et de la vie de Dieu autour de toi ! »

Bien-aimés dans le Seigneur, chers frères et sœurs, chers amis, chers tous.

« Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Voilà une parole forte, mais avec un sentiment de regret, qui sort de la bouche de Marie exprimant sa désolation, parce Jésus n’avait été présent quand son frère Lazare s’était éteint. En même temps, cette parole sonne aussi comme un reproche adressé à Dieu, qui, le plus souvent, semble être absent quand nous traversons des moments sombres et difficiles. Sans doute, dans les lieux où nous sommes confinés, sans nous voiler la face, notre réaction a dû être la même que celle de Marthe : « Si tu avais été avec nous, Seigneur, tout ceci ne serait pas arrivé. » ou encore « Si tu es vraiment là, pourquoi permets-tu cela ? »

Heureusement que nos pensées et nos réflexions n’égalent pas celles de Dieu. Oui, nous sommes en droit de nous poser ces questions. Surtout quand nous vivons des épreuves dans notre vie. D’ailleurs, c’est parfois ces genres d’interrogations et ces genres d’épreuves qui accréditent de plus bel notre foi et notre attachement à Dieu, ce Dieu qui, malgré tout ce que nous pouvons imaginer, demeure proche de nous, et ne peut en aucun cas nous oublier. En fait, ces interrogations sont déjà une prière pour nous. Alors, ne donnons pas raison au Malin qui peut nous faire croire que le Seigneur vaque à d’autres occupations et déconsidère la situation que nous sommes en train de traverser. 

Au contraire, avec le récit de la résurrection de Lazare qui nous est proposé aujourd’hui, le Seigneur nous redonne courage, vie et dynamisme, à nous tous qui semblons être abattus, afin que nous redoublons d’effort pour faire face à toutes les situations de la vie, même les plus rocambolesques. Le Seigneur est toujours là pour nous ramener à la vie, même quand on est bien enfoncé dans la nuit de la maladie, de la souffrance, de la désespérance, du chagrin, du confinement, et même celle causée par le « corona virus ». A vrai dire, le Seigneur ne laisse pas mourir la Vie (de Dieu) en nous. Avec lui, nous sommes déjà entrés dans l’ère de la résurrection. 

D’ailleurs, la première lecture nous le dit avec un ton qui invite à l’espérance et à la fête : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, Ô mon peuple […] Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez. » Oui, nous sommes le peuple de Dieu ; ce peuple qui est en marche, non pas vers la peur et le désespoir, mais vers la victoire, la guérison, le salut, la paix, vers la lumière de la résurrection. Alors, que chacun de nous contamine aux autres là où il est, et à un plus grand nombre, le virus de la joie, de la paix intérieure et du bonheur de vivre. Ainsi, l’univers entier sera contaminé par le sens du bien et de la charité de Dieu. Que le Très Haut nous préserve tous. Amen.

Père Wilfried

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