Homélie du 4ème dimanche de carême – Année A

Cher(e)s Ami(e)s

Dans l’évangile de ce dimanche, un homme né aveugle rencontre Jésus. Il était mendiant et dépendait quasiment des autres. En le représentant dans notre imaginaire, je nous invite également à nous poser un instant, afin d’apprécier la grâce que nous avons de voir, de nous orienter tout seul, de distinguer, d’apprécier les formes et les couleurs. « C’est notre capacité à voir le beau, à nous émerveiller qui fait rendre grâce » alors, rendons grâce à Dieu. C’est bien ce que fait cet homme qui a recouvré la vue.

Jésus refait pour lui le geste du créateur. Il pétrit de la boue pour en faire un homme nouveau. Il va le faire naitre de l’obscurité à la lumière. Il va le faire passer de l’ignorance à la confiance, de la peur à la joie. En lui, la lumière distille la vie et l’espérance. Plus prêt de nous, avec les jours qui se rallongent, ce sont les fleurs qui s’ouvrent à la vie, c’est le printemps : la lumière resplendit autrement, quel bonheur ! 

St Paul dans la deuxième lecture nous rappelle notre vocation à vivre en enfants de lumière : « conduisez vous comme des enfants de lumière », des enfants qui portent en eux la vie et l’espérance. Pour être plus concret, il nous invite à être bons, justes et vrais, afin d’être des témoins du Christ au milieu d’un monde qui cherche encore ses repères. C’est pour cette raison que, comme David, le Seigneur nous a recherché, pour être la lumière d’un peuple : « lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui.» Par le baptême que nous avons reçu, nous sommes désignés et chargés d’être sel et lumière dans ce monde, pour y apporter une saveur et une clarté. Non pas notre saveur mais celle du ressuscité. Mais, comment rendre actuelle cette mission dans un contexte contaminé par la pandémie Covid 19. 

Tout d’abord nous avons à nous laisser abreuver de l’eau vive de la parole de Dieu comme la samaritaine (texte du dimanche dernier). Cette parole rassure et le Psaumes 22 qui nous est proposé ce dimanche, en est une illustration : « le Seigneur est mon berger je ne manque de rien ». Ensuite, restons convaincus, malgré les ténèbres déployées par ce virus notre lumière restera vive et brillera, d’ autant plus qu’elle a sa source en Dieu. A vrai dire, la foi chrétienne a une dimension spécifique dans le monde et elle ne doit pas s’y dérober. Sur cette base, ce cri de cœur de Mgr Eric Beaufort doit faire écho en nous : « Depuis bien des années déjà, notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre ensemble des décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre, qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain » Sauve nous Seigneur Jésus, que nos yeux voient les erreurs de notre vie et le chemin que tu nous indiques. Avec humilité, nous reviendrons à Toi, sans prendre le chemin du doute que proposent les pharisiens de l’évangile qui, parlant de Toi et de Ta lumière qui éclaire la vie des hommes disaient : nous ne sommes pas ses disciples, « celui là, nous ne savons pas d’où il est ». Nous nous savons que tu es notre Dieu. Accorde nous Seigneur ta miséricorde, modèle nous pour que nous devenions des hommes nouveaux ; alors nous serons sauvés. Enfin, que ton amour soit sur nous comme notre espoir est en toi.                                                                  Amen

Père Ange

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